La liberté
- Karine Ulcoq
- 8 mars 2023
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 4 oct. 2024
En ce jour où nous célébrons la Femme, quoi de plus naturel que de lui rendre hommage ?
Mais que célébrons-nous vraiment ?
Cette Journée Internationale a des origines diverses selon les pays mais un but commun : celui de revendiquer les droits des femmes. Si ce mouvement a vu le jour, c’est qu’il y avait, à un moment donné, un besoin de mener une bataille contre des inégalités ancrées dans une société où l’homme a longtemps été détenteur et décisionnaire des droits de tout un chacun, où les voix des femmes, qu’elles soient pour voter ou simplement pour s’exprimer, n’étaient pas portées au sommet des pyramides gouvernementales ou sociétales.
Qu’en est -il donc aujourd’hui ?
En-dehors des mouvements féministes, cette Journée met toujours en avant ce besoin de dénoncer les inégalités de genre mais aussi et surtout les droits, non pas légaux mais tout simplement inhérents à la condition humaine, qu’elle soit X ou Y.
Car, être l’égal de l’homme, est-ce réellement une nécessité, pour nous, femmes de 2023 ? Est-ce vraiment de cela qu’il s’agit ? S’aligner au genre opposé, serait-ce vraiment nous « élever » ? L’homme doit-il être notre point de comparaison ?
Le débat reste ouvert et certainement sans fin, divergent selon les opinions des unes et des autres et probablement selon les souffrances de chacune d’entre nous.
Ce qui est certain, c’est qu’il est nécessaire de continuer à se battre pour évoluer dans un monde où chaque être humain, homme ou femme, se sente suffisamment libre pour s’exprimer, pour être soi, pour s’épanouir, pour exister tout simplement.
L’histoire et la société ont certes rendu cette tâche plus difficile pour nous, les femmes, mais le combat réside avant tout dans la réparation de ce fossé et non pas dans une volonté d’être à la même « hauteur ».
Car finalement, le vrai combat devrait être celui de la liberté.
La liberté de suivre ses choix, de faire entendre sa voix, qu’elle soit grave ou aigue, de vivre pleinement ses émotions, qu’elles soient fortes ou instables.
La liberté de dire « non », la liberté aussi de dire « oui », même si cela va à l’encontre des cadres souvent trop rigides imposés par la « bien-pensance ».
La liberté de ne pas toujours répondre aux exigences d’une norme qui parfois ne convient plus.
La liberté de se mettre debout, de dire « stop », de dire « arrête », de dire « assez ».
La liberté de s’inventer ses propres repères dans un monde qui n’en a plus.
La liberté d’écouter son corps, de poser les limites qu’il nous impose, de suivre aussi ses envies.
La liberté de se laisser déborder par le trop-plein, de demander de l’aide, de tourner le dos à des convenances qui n’ont plus de sens.
La liberté de se sentir parfois vulnérable sans que cela ne soit perçu comme une faiblesse.
La liberté de porter les autres mais aussi celle d’être portée par l’autre, plutôt qu’emportée par le tourbillon de ces quotidiens fous.
La liberté de soutenir un regard qui juge, sans ciller, sans peur, sans crainte qu’il ne nous abaisse.
La liberté de se tromper, de mal faire, de ne pas assez faire ou de trop faire.
La liberté de prendre des risques sans être coupable.
La liberté d’être pleinement ce paradoxe que nous portons au creux de nous, fragiles et solides à la fois, si grandes et si vulnérables en même temps.
La bataille se situe au cœur de chacune d’entre nous, de cette essence qui nous relie toutes. Oui, être femme est d’ores et déjà un combat.
Mais ne nous trompons pas d’ennemi.
Ce n’est pas l’homme qu’il faut combattre.
C’est l’amnésie.
Car nous avons longtemps oublié que chaque droit s’accompagne surtout d’un devoir.
Et nous nous devons, femmes de 2023, de lutter pour notre liberté, celle qui nous parle à nous, rien qu’à nous, de façon unique et individuelle.
Quelqu’un m’a dit un jour « Sois plus douce envers toi-même ». Six mots, une révélation.
Alors, en ce jour symbolique, c’est à chacune d’entre vous que j’ai envie de dire :
« Soyons plus douces envers nous-mêmes, car la vie, elle, ne le sera pas toujours » …
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