Chaque 'non' compte
- Karine Ulcoq
- 9 sept. 2024
- 2 min de lecture
Il y a ces ‘non’ que l’on dit à demi-mot, que l’on chuchote presque, comme si qu’on les découvrait pour la première fois.
Ces trois lettres qui passent tout juste la frontière de nos lèvres pour exister enfin, en-dehors de nous.
Il y a ces ‘non’ que l’on choisit de garder au creux de soi, qui gonflent parfois pour s’éteindre aussitôt, comme ces gâteaux tout plats que l’on a enlevés du four trop tôt.
Ces ‘non’ que l’on garde terrés, ces rébellions avortées, ces libertés volées qui n’existent plus que dans nos regrets. Excuses-boucliers et phrases-sentences : « Ce n’est pas si grave, après tout ».
Et puis, il y a ces petits tas d’injustices rangés comme des dominos en file indienne, en tours immenses ou en chemins infinis.
Il suffira d’un coup de pouce ou d’un domino mal placé (celui de trop ?) pour que les tours explosent et que les chemins s’ouvrent.
Tel un château de cartes, plus que des injustices éparpillées.
La dernière gardera le goût de l’excès.
Enfin, il y a celui-là.
Ce ‘non’ ultime.
Ce ‘non-rempart’.
Ce ‘non’ qui rassemblera tous les autres et leur dira « ça suffit ».
Cet immense ‘non’ qui se faisait tout petit, celui dont on ne devinait pas l’existence mais qui sort bien de nos entrailles.
Ce ‘non’ qui n’avait jamais eu de voie (voix).
Ce ‘non’ patient, tolérant, qui attendait qu’on le prononce, avec force et détermination, vainqueur de tous ceux que l’on aura tus avant lui.
Ce ‘non’ qui coule dans nos veines, qui alimente notre sève, ce ‘non’ qui nous permet d’exister, en tant que femme, mère, fille, sœur, que sais-je, en tant que personne tout simplement.
Ce ‘non’ qui n’a qu’une seule destination : la liberté d’être soi.
Celui-là, c’est haut et fort qu’on le dira.
Non, je n’accepte pas.
Non, je ne veux pas.
Non, tu ne peux pas.
Non, je ne te laisserai pas.
Non. Simplement non.
Un mot. Trois lettres.
Certains diront alors, l’air moqueur, que ce n’est qu’une maigre rébellion, ni plus ni moins.
Erreur !
Car ce ‘non' signe la fin de l'implosion. Place aux éclats.
Ce 'non' marque une bravoure nouvelle, éternelle et plus jamais soumise.
A vous toutes, femmes et sœurs de cœur, souvenez-vous que chaque ‘non’ compte.
Surtout ceux que l’on chuchote au creux de soi.
Peu importe si personne ne les entend.
Car d’eux, naîtront tous les autres …
M-A-G-N-I-F-I-Q-U-E ❤️